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 Duel au sommet

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Yseult
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MessageSujet: Duel au sommet    Mer 30 Aoû - 0:22

Les talons de Lucy s'enfonçaient sans bruit sur la moquette de nuage. Mister D la regarda s'avancer, le sourire en coin. Ah, Lucy et son tailleur noir, Lucy et ses talons hauts, Lucy et son élégance déchue, Lucy qui malgré le « défense d'entrer » sur la porte poussait le battant sans toquer.

« Ça fait longtemps, Lucy. Que puis-je pour toi ? »

Mister D se leva et se dirigea vers le petit buffet de marbre doré. Tout était doré ici, c'était sa couleur, sa marque de triomphe. Les fauteuils, la table basse, les murs, le lustre. Et, clou du show, le petit planisphère, posé au centre comme le plus beau des trophées. Il tournait lentement, s'illuminait de millier de points avant de changer de couleur.
C'est pour ça que Lucy était là.

S'approchant sans gêne de la commode, elle sortit du tiroir un paquet de cartes et le jeta sur la table basse.

« Une partie, D, juste une. »

Mister D laissa tomber deux glaçons dans son verre, ça faisait un son de cloche. Et pas une éclaboussure sur son costume blanc, jamais.
Il se tourna vers elle et lui tendit un verre.

« Soit. Quelle est la mise ?
-Tu le sais bien... »

Ses doigts glissèrent sur le planisphère avec un désir palpable. L'ambition ça la rongeait depuis si longtemps, à croire qu'elle la vomissait pour s'en nourrir encore, pour alimenter les braises de son regard cerné. Ça lui allait bien, cette beauté avide. Plus grandiose encore lorsqu'il en savourait la défaite.

Il la laissa s'asseoir, prête à jouer à nouveau des risques trop grands pour elle.

« Comme toujours, D. Un match, un gagnant. »

Ses jambes s'étaient croisées avec la confiance sensuelle d'une victoire à venir.
Mister D lissa sa moustache qui se rebiquait d'un sourire goguenard. Lucy était arrogante, elle l'avait toujours été. Elle était arrogante et lui bien trop doué. Oh elle avait bien essayé de la lui faire à l'envers, mais quoiqu'il arrive il était le patron, le king de la situation.

« Tu es sûre, Lucy ? Je n'aimerais pas te rappeler comment notre dernier défi s'est terminé... »

Lucy inclina sa tête sur le côté dans un dénouement de mèches rousses. Son sourire était aussi doucereux que son regard lui cassait les dents.

« Certaine, D. »

Mister D haussa les épaules mais n'insista pas. Bien peu se frottaient au big boss, trop lâches ou trop serviles. Lucy n'était pas comme ça. Il aimait sa détermination futile, sa haine passionnée du châtiment reçu. Une garce pugnace qui croyait qu'un jour Icare ferait un high-five au soleil.

Du geste de l'expert au skill sans faille, les cartes swinguèrent entre ses doigts sans qu'il la quitte des yeux. Versus rituel de paupières entrouvertes, ils se bouffaient de loin.
Lucy était une renarde qui avait les crocs, Mister D un chat qui jouait avec son royal pâté.

Le papier glacé claquait à chaque donne, crescendo en ébullition d'un triomphe déjà décidé.
Lucy était revancharde, mais il était lui.
La dernière carte distribuée, Mister D sonna le gong des glaçons dans son verre. La partie avait commencée.





« Tu as triché ! Tu as triché ! »

Lucy eut un rire guttural, trop profond pour sa gorge d'ange cassé. Elle tenait avidement le planisphère entre ses doigts, ne la quittant des yeux que pour relever vers lui deux braises exaltées.

« Non, D. Tu as perdu. »

La moquette s'étiola sous ses santiags blanches, comme s'il avait fait un pas de trop sur le tapis du monde. La panique lui saisit les entrailles alors qu'il écarquillait les yeux en voyant apparaître le planisphère grandeur nature. Couinant comme un gamin, il laissa tomber dans le trou naissant sa dignité suprême pour se réfugier sur son fauteuil. Mais trop tard, le trou grandissait, la moquette mollissante aspirait à elle toutes les dorures, toute sa gloire mobilière, dans un coton-mouvant.
Et puis il sentit le vide, plus rien sous ses pieds, le fauteuil avait emprunté l'aller sans retour. Il se rattrapa au bord du nuage, mais chaque parcelle où il plongeait ses mains pourrissait aussitôt.

« Lucyyy.... ! » Supplia-t-il , misérable, s'accrochant à sa détresse par les derniers filaments de nuage.

Elle s'inclina au bord du vide, et il ne resta à D qu'un fil minuscule. Tout semblait pourtant si solide autour d'elle, le traître avait déjà accepté son nouveau maître.
Le fil se tendit, tendit encore en peau de chagrin de son désespoir, et alors qu'il criait, qu'il s'agrippait à un rebord qui le refusait, la garce se remit à rire. Auréolée de sa nouvelle toute puissance, elle se pencha un peu plus et murmura à son oreille :

« Alors D, ça fait quoi de tomber du ciel ? »



799 mots


Dernière édition par Yseult le Lun 11 Sep - 0:37, édité 1 fois
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Pumpkin
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MessageSujet: Re: Duel au sommet    Jeu 31 Aoû - 23:22

On peut dire que je suis gâté niveau textes à relire (félicitations à tous les participants, au passage). Mais du coup, impossible de s'en tirer avec un simple "pas mal, j'ai bien aimé". Ah, zut, et celui-ci c'est celui d'Yseult. Si je trouve pas assez de points négatifs, on va me traiter de fayot ; si j'insiste trop je peux dire adieu à mon projet de publication...

Allez, au boulot. Après tout, les crocodiles sous la corde raide n'ont pas l'air trop affamés...

Par où commencer ? Par quel bout ? Comment approcher cet ovni littéraire ?

Déjà, j'adore. Yseult, je connais ton style pour l'avoir déjà vu plusieurs fois, et il y a dans ce texte quelques perles dignes de Tic-Tac et de la claque mécanique de sa cacophonie cardiaque. D'autant que la chute (désolé, le jeu de mot est pas fait exprès) fonctionne très bien, et la seconde lecture est très intéressante : il y a plein de petits détails qui prennent une autre connotation quand on a compris qui sont D. et Lucy. Pourtant, il faut se le mériter : la première lecture est très laborieuse.

Pour ce qui n'ont pas encore dénoué ce texte : retournez-y. Je vais spoiler !




C'est bon ? On est entre lecteurs de la seconde lecture ? Tout le monde a compris qui étaient les protagoniste et où se déroulait l'action ? Bon. J'adore le personnage de Lucifer féminisé. Tu n'es pas tombée dans l'écueil de l'avoir faite trop gentille : elle reste fondamentalement mauvaise, et son côté fêlée fonctionne super bien. Je ne suis personnellement pas très fan du côté British de Dieu (je parlerai des mots anglais plus loin), mais c'est objectivement très intéressant ; ça lui donne de l'épaisseur. Son "jeu d'acteur" est très bon, également : confiant sans être réellement méprisant, et suffisamment affable pour tolérer Lucy. On sent qu'il a une certaine tendresse pour elle. Et la chute est géniale : Dieu qui tombe du ciel et qui se fait narguer par Lucifer.

Encore un point positif qui a l'air de rien, mais que toutes les nouvelles au monde envient : un paragraphe d'accroche au cordeau. Première phrase : Lucy, talons, moquette. On a le personnage et le décors. Boum ! Ensuite, personnage énigmatique de Mister D. qui reste dans l'ombre de la description, mais qui sert à camper le premier personnage avec un super camouflage d'exposition : "Lucy et son", "Lucy et ses". Et ensuite, une ligne de dialogue, le planisphère, les cartes. Boum ! L'enjeu est posé. S'il y a une seule leçon à retenir de ce texte, c'est ici. (Et il y en a une autre, mais c'est une leçon en creux.)

Maintenant, parlons du style. Par certains côtés, il est super. Quand j'évoquais Tic-Tac, je pensais à l' "ange cassé" (on comprend déchu, à la relecture), le sourire qui lui casse les dents, Icare qui fait un high-five au soleil, les deux braises exaltées... Je me répètes, mais tout le monde ne m'a pas entendu, alors ça compte pas : j'adore le traitement poétique de tes histoires. Ça sent le Tim Burton : les choses sont idées avant d'être choses. Et je suis complètement jaloux de ça. Quand je te lis, je trouve mes univers tellement... crédibles. ^^

Mais dans ce texte, tu as poussé cette qualité un cran trop loin, à mon avis. Le problème central est que ce texte est une orgie de métaphores, de figures de styles, d'effets... La conséquence, c'est que le lecteur s'y perd complètement. J'aimerais beaucoup avoir d'autres avis sur ce point, mais je ne pense pas être le seul. Ce texte a le défaut de jouer trop nonchalamment avec l'immersion du lecteur, alors qu'il a très peu de place (mais c'est le jeu) pour construire cette immersion. Techniquement : les métaphores ne sont pas mauvaises en elles-même, mais elles nuisent à la compréhension basique de l'action. Entrons dans les détails. (Car le diable est dans les détails. ;P)

Je pourrais chipoter sur le "petit buffet" et le "petit planisphère", mais non. (Trop tard. ><)

Je pourrais aussi évoquer quelques maladresses, comme le "regard cerné" (j'ai déjà essayé ; ça part d'une bonne idée, mais "cerné" est beaucoup trop fortement connoté "agressivement entouré" pour qu'on puisse entendre "maquillé" ou "fatigué") ou les jambes qui se croisent et la confiance sensuelle (on sent bien que ce sont les jambes qui sont sensuelles, mais l'effet de décaler l'adjectif au nom suivant tombe un peu à plat).

D'abord, abordons les mots anglais. Au début, je les trouvais assez maladroits, puis en voyant qu'ils revenaient très fréquemment, j'ai compris que ça cherchais à faire gimmick. Ça ne me touche pas personnellement, et je trouve ça assez gênant à la lecture, mais c'est assumé et je ne les critiquerai pas directement. (Sauf "le clou du show". Celui-là, je peux pas le digérer.)

Ensuite, toujours dans les inconvénients mineurs, on a les virgules. Je ne vais pas les lister, ça serrait trop long et pas très intéressant ; je vais juste en prendre une pour exemple. Ou plutôt un bloc : "Mister D laissa tomber deux glaçons dans son verre, ça faisait un son de cloche. Et pas une éclaboussure sur son costume blanc, jamais." La première virgule devrait être un point ou un point-virgule : il y a un sujet-verbe-complément de chaque côté. La phrase suivante commence par un "Et" : je sais que c'est du discours indirecte libre (et plus précisément un commentaire que pourrait faire D), mais ça sonne étrangement, surtout avec le "jamais" après une dernière virgule qui la mérite moins que le "Et". En fait, c'est une histoire de "niveau de coupure", en quelques sortes. La coupure avant le "Et" est plutôt faible. On peut choisir de mettre un point, qui est une coupure forte, mais la coupure avant le "jamais" est plus forte, mais reçois une virgule, qui est une coupure faible. Soit on choisi de baisser la barre et de ne mettre pratiquement que des virgules et des points seulement aux coupures les plus fortes, soit on monte la barre et les moindres pauses vont prendre des points. Là, la barre n'est clairement pas au même niveau d'un bout à l'autre du paragraphe. Ça dérange, à la lecture.

Mais comme je l'ai dit, ça reste un problème de style assez mineur. Là où ça devient grave, c'est quand ça ne nuit plus à la fluidité de la lecture, mais à sa compréhension. Je vais passer sous silence la plupart des cas ("il était lui", "revancharde" et "chaque donne" avant "la partie avait commencée", etc) avant d'aborder le dernier paragraphe. Quand on l'a décortiqué, ce dernier paragraphe, il est trop bien ! Le tapis-nuage qui s'effiloche et D. qui tombe à travers. Magnifique. Mais quel labeur, côté lecteur, pour suivre l'action ! J'ai complètement décroché autour de "santiags" et j'ai commencé à relire les phrases en essayant de comprendre ce qui se passait. D'ailleurs, le "pas de trop sur le tapis du monde", j'ai toujours pas compris. Le plus troublant, c'est que ce n'est pas une métaphore mais explicitement une comparaison ("comme s'il avait fait"), mais qui prend des éléments de l'action (tapis, monde). Ensuite, "La panique lui saisit les entrailles alors qu'il écarquillait les yeux e, voyant". Cette phrase a clairement un problème de budget et de rythme. Le planisphère grandeur nature, même maintenant je n'en suis pas sûr : il voit la Terre à travers le trou dans le tapis ? Sauf que nulle part avant on ne mentionne qu'il y a la Terre en dessous du nuage. D'ailleurs, si on a lu la toute première phrase un peu vite, on peut avoir complètement loupé le coup du tapis-nuage : on nous dit juste que "la moquette s'étiole". Et si on l'a oublié, on peut s'imaginer qu'il y a un sol sous la moquette. Hors rien ne nous parle de trou dans le sol avant... "il laissa tomber dans le trou naissant sa dignité suprême" : comme laisser tomber sa dignité, c'est clairement une métaphore, on se demande de quel trou il s'agit. À ce point là de la lecture, on sait juste que "le tapis s'étiole". On ne comprend alors pas très bien en quoi c'est laisser tomber sa dignité que de se réfugier sur un fauteuil. Enfin, le trou grandissant [dans] la moquette (et encore, le "dans" on est obligés de se le rajouter sois-même) viens expliciter la situation. Le coton-mouvant est excellent, non seulement en lui-même, mais également pour faire comprendre. Enfin une métaphore qui sert la description plutôt que de s'en servir. Mais si le lecteur a fait comme moi et s'est dit "je vais passer les métaphores que je comprend pas, j'espère que ça va s'éclairer dans une ou deux phrases", une surprise l'attend : "le fauteuil avait emprunté l'aller sans retour." Si à ce stade là, le fait qu'il y ait un trou dans le sol et le vide en dessous est encore flou, cet "aller sans retour" est un couperet. Je passe rapidement sur la fin : ça s'éclaircit, mais ça demande toujours plusieurs lectures et recoupement pour tout bien comprendre. "Il se rattrapa au bord du nuage" : si on a pas encore fait le lien entre tapis et nuage, c'est fichu. "chaque parcelle où il plongeait ses mains" : plonger d'en-dessous, c'est confusant. "s'accrochant à sa détresse" : un effet de style qui n'apporte pas grand-chose mais qui ajoute encore un peu à la confusion (c'était vraiment trop banal pour toi de dire "s'accrochant désespérément aux derniers filaments de nuage" ? ;P)

Un dernier petit commentaire : le tapis-nuage a beaucoup de noms et d'adjectifs très différents. Pour plus de cohérence, j'aurais fait le choix de retirer tout ce qui ne renforce pas son côté "filaments", qui est très présent : moquette, coton, filaments, fil. Les mots qui combattent cet aspect sont "mollissante", "pourrissait" et (mais moins) "s'étiola" ("s'étiolait" fait tissu ou couleurs, "s'étiola" fait vrai nuage... mais c'est du chipotage assez subtil, j'en conviens). "le traître avait déjà accepté son nouveau maître." : le nuage est soudainement personnifié et il faut comprendre que la partie de carte ne donnait pas droit uniquement au planisphère, mais aussi au nuage et à ce qu'il représente (ça aussi, il faut le comprendre, mais ça appartient à la seconde lecture -- celle où "ange cassé" devient "ange déchu" et où "sa haine passionné du châtiment reçu" prend tout son sens).

Après ça, les deux dernières lignes avant la réplique finale sont assez claires. Et d'ailleurs, ce sont des exemples de métaphores qui servent la compréhension. Ton texte porte sa propre solution ! "Auréolée de sa nouvelle toute-puissance" : à la première lecture, elle a juste gagné ; à la seconde... "auréole", "toute-puissance"... pas la peine de faire un dessin.

(Estée, si tu veux faire un concours de pavé de commentaire, du as encore du chemin à faire. ;P)

Pour finir, je vais citer deux phrases. La première est, à mon avis, un combo des problèmes de ce texte, et la seconde est simplement ma favorite.

La phrase-combo : "Versus rituel de paupières entrouvertes, ils se bouffaient de loin."
Un mot anglais sur une métonymie (ce sont les protagonistes qui se livrent à un duel versus, à travers leurs paupières entrouvertes) suivit d'une virgule bancale (et en bonus, un mot d'argot). Résultat, on ne voit pas clairement l'action. C'est dommage, parce qu'une fois décortiqué, l'image est super : on les voit carrés dans leurs fauteuils, de loin (on voit même D. distribuer les cartes en les lançant sur la table depuis le fond de son fauteuil !), à se lancer en douce ces regards à la fois méfiants, calculateurs et chacun assuré de sa victoire à en être méprisant. Quel dommage qu'il faille la lire quatre fois pour la comprendre.

Ma phrase préférée : "Elle tenait avidement le planisphère entre ses doigts, ne le quittant des yeux que pour relever vers lui deux braises exaltées." (Je vais faire comme si j'avais pas vu la faute d'accord du genre.) Une magnifique métaphore (les braises pour les yeux) qui, elle, fonctionne sans masquer la description : on a mentionné les yeux exactement sept mots plus tôt, et "relever les yeux vers" et les "yeux de braise" sont des formules banales que nos cerveaux reconstruisent automatiquement. Ça fonctionne tout seul et c'est beau !

Le mot de la fin :
Très bons dialogues et jeux d'acteurs. Décors oniriques. Intrigue bien traitée et chute efficace. Montage saccadé nuisant à la compréhension.

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Yseult
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MessageSujet: Re: Duel au sommet    Mer 6 Sep - 13:32

Salut mes perchés ! Voici ma réponse tardive au post blasphématoire de Pumpkin (ceci est de l'humour, abaissez vos fourches bande de malandrins).
Je suis désolée de mettre tant de temps et d'être si peu active, j'ai beaucoup de travail à côté et heureusement qu'il y a notre citrouille pour tenir la barre derrière. Sur ce, entrons dans le vif du sujet (*tambour de guerre*) :

Tout d'abord, merci de toujours prendre le temps de faire des retours construits à chacun, et saches que j'ai relu ton commentaire de nombreuses fois avant de m'atteler à la tâche. Je me suis posée des questions sur chaque point que tu as soulevé, puis j'en ai discuté avec d'autres personnes qui ont lu mon texte et en ont fait des retours différents. Et c'est là qu'arrive un épineux problème : malgré la justesse de tes remarques, je n'arrive pas à être d'accord :-/. Ô rage, ô désespoir, ô ego littéraire démesuré ! Mais voyons plutôt ce qui coince.

On va commencer petit : les virgules.
Je te tiens à dire qu'en soi ta remarque est un conseil très pertinent sur l'utilisation de la ponctuation pour ceux qui débutent ou qui ont du mal à doser le rythme de leurs phrases. Mais ce sont là aussi les limites de ta remarque : c'est un conseil. Le truc de la ponctuation, c'est qu'une fois que tu as compris comment ça marche, tu ne te contentes plus d'appliquer les bases. Tu te les appropries pour les adapter à ton rythme, à ton style, ça devient une part de ton « deck » personnalisé littéraire. Car c'est là que je veux en venir : l'utilisation qu'on en fait devient très personnelle, elle ne rentre plus forcément dans un carré admis par tous et préfère aller s'amuser sur des sentiers détournés qui sentent bon le thym, le romarin et la bouse de vache (la campagne me manque, désolée). Digression mise à part, c'est donc une énorme part de subjectivité qui prend le pas à la lecture, la sensibilité de chacun répondant ou non à certains types de rythme et de structure.

Eeeet par cette habile transition, je vais passer au gros nœud du problème : la compréhension.
Je conçois que mon texte ne soit pas aisé à saisir, mais des retours que j'ai eu, les autres personnes avaient parfaitement compris le texte. Oh, pas du premier coup, mais c'est justement là le truc et ils l'ont vu. Ce texte est destiné à une deuxième lecture, je l'ai écrit ainsi. Je sais que mon style n'est pas forcément abordable, mais plutôt que d'essayer de l'aplanir pour le rendre lisible de tous, j'ai choisi de m'amuser avec jusqu'au bout. C'est donc un choix que j'ai fait et qui visiblement t'a mis dans la confusion. J'en suis désolée, mais je ne reviendrai pas dessus.

Et on attaque le dernier point que j'aimerais aborder, et je t'en prie n'y vois en rien une attaque personnelle, car j'estime beaucoup ton travail sur le forum. Tu as une excellente capacité d'analyse, très poussée, mais justement peut-être trop. Je m'explique : quand j'ai lu ton commentaire, j'ai été surprise par sa longueur et je dois le dire, un peu flippée. Car commentaire long, nous sommes d'accord, veut souvent dire charges lourdes à l'encontre de l'accusé (avocat du diable, private joke, yolo). J'ai lu ton commentaire une première fois, me trémoussant devant les remarques positives tel un petit dindon ravi mais angoissant sur la tempête à venir. Et puis j'ai subtilement froncé les sourcils car voilà, j'étais perplexe. Je n'ai pas compris ce que tu reprochais, ou plutôt je comprenais mais ne voyais pas le mal. J'ai relu une deuxième fois, voir si ce n'était pas juste moi qui me cantonnais dans ma mauvaise foi, et c'est là que j'ai commencé à voir le cœur du problème. Je n'arrivais pas à prendre la critique, parce qu'elle touchait des points soit très subjectifs, soit inexistants. Comment dire... Tu as tellement voulu pousser l'analyse que tu as commencé à voir dans le texte des choses qui n'y étaient pas, un regard trop imagé pour des phrases que j'avais écrites de manière littérale et qui rend complexe ce qui ne l'était pas forcément.
Je pense que tu as eu simplement du mal à comprendre le texte, et le fait est que nous avons deux visions très différentes de ce que j'ai écrit. Ça ne m'aurait pas gêné si je n'avais pas tant eu l'impression que tu partais très loin dans le chipotage parce que, et bien... Il faut chipoter pour tout le monde. A vrai dire ça m'a même fait un peu de peine... En rédigeant cette réponse, je suis très partagée entre me sentir juste comme une écrivain arrogante bien trop attachée à son ego, et avoir la sincère impression que ta critique, aussi pertinente soit-elle, n'est pas celle que mon texte méritait, que ce soit en meilleur ou en pire.

Voilà voilà... Je suis une grosse flemmarde donc je ne reviendrai pas sur les exemples, sauf demande express du public (je vous vois venir, bande de sagouins), et saches que je ne retire en rien tout le mérite que tu as sur ce forum, ni la qualité indéniable de ton travail que ce soit en tant qu'écrivain ou en tant que critique.

Sur ce je vous laisse, je retourne me mettre en PLS devant mon mémoire. Tschuss !

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Pumpkin
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MessageSujet: Re: Duel au sommet    Mer 6 Sep - 15:12

Ah, le bien-nommé topic.

Tout d'abord, laissez-moi reconnaître publiquement qui je suis allé trop loin. Yseult, tout dans ma critique n'était pas justifié, et je t'en demande pardon.

Je me dois d'expliquer à l'ensemble du forum les raisons de ce débordement. Mon premier commentaire a été celui sur le texte de Loulou (puisqu'elle a été la première à poster) ; il avait des problèmes (des qualités aussi, je le rappel) et je les ai souligné avec honnêteté, il me semble, mais sans complaisance. En règle générale, je considère qu'aucun compliment ne sonne juste s'il n'est pas accompagné de critiques tout aussi justes. À tous : prenez mes compliments sans modestie, je les mûrit tout autant. Puis le texte d'Yseult est arrivé, et j'ai commencé à m'inquiéter. Comment en faire une critique juste sans laisser penser à Loulou (et aux autres) que je puisse manquer d'impartialité ? Alors je me suis remonté les manches et j'ai découpé ce texte jusqu'à la virgule (littéralement). Et c'est sûrement dans cette attitude que ma première lecture a bloqué. Ou plus exactement que je me sois frustré qu'elle bloque, au lieu, comme le souhaitait Yseult, que je me laisse porter par une première lecture floue et une seconde lecture illuminée.

Alors voilà. Les virgules souples et les figures de style poussées, c'était du pinaillage. Il y a en effet beaucoup de subjectivité dans l'utilisation (et la réception) de ces "cartes". Je suis heureux que Yseult soit revenue défendre, et surtout assumer son texte. À mon avis, tout écart à la règle peut se justifier, et s'il est assumé, son appréciation en devient une question de goût. La nuance entre une erreur et une figure de style tient souvent au fait qu'elle soit assumée.

Et mon problème de compréhension n'est peut-être que cette nuance portée à l'échelle du texte tout entier. Un texte qui ne se comprend pas à la première lecture, c'est une erreur ; un texte qui se comprend à la deuxième lecture, c'est un coup de maître.

J'étais trop hâtif de découper ce texte du premier coup.

Bon, je vais laisser la place aux autres. On n'entend que la citrouille, sur ce perchoir ! Dites-nous ce que vous en avez pensez !

Quand à moi, je vais remettre ma cagoule noire, reprendre ma hache rouillée, et faire passer un autre texte sur le billot.
I'm a poooor lonesome cowboy...

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MessageSujet: Re: Duel au sommet    Jeu 7 Sep - 17:54

Ah je n'ai qu'un seul regret : avoir lu la dernière phrase en premier... J'ai fait défiler le texte pour en appréhender la longueur et bim je tombe sur la chute (haha). Damned jrefrai plus !
La première lecture a donc été pour moi plutôt claire. Voyons maintenant... Comment tourner ma critique ? (en plus je me sens toute intimidée par ta réponse à Pumpkin haha ^^' )

J'ai imprimé ton texte pour l'annoter et j'ai spontanément décidé de mettre des petits cœurs là où le texte ma frappé. Voici une petite liste de "coups de coeurs" :
- Ah Lucy... ah Lucy... ah Lucy <3
- Rythme dialogue récit, en particulier sur le "S'approchant sans gène" jusqu'au "une partie D." <3
- "croisées avec la confiance sensuelle" <3
- "crescendo en ébullition d'un triomphe déjà décidé" <3
- "Alors D. ça fait quoi de tomber du ciel ?" <3 !
J'aime aussi que Lucy soit une femme, j'aime que ses yeux soient cernés et qu'ainsi elle corresponde moins avec l'image récurrente de la femme fatale en robe fendue.

Ensuite j'ai tout de même noté ce que j'aimais moins. Je vais essayer d'être méthodique Smile

Personnages :

- quand Lucy dit "Une partie D., juste une." j'ai l'impression qu'elle est implorante presque alors que je la voyais plutôt provocatrice (genre "tu ne peux pas me refuser ça", tu vois ?)
- Lucy ne nous dévoile pas son "trick", on a pas un petit indice de où est la faille. Et moi j'adore les failles. Où on pourrait se dire "Aaaaah c'est là qu'elle a du l'avoir". Lucifer joue souvent sur les termes du contrats ou ment par omission pour ensuite prendre le contrôle. Lucy a vaincu mister D. Je veux savoir comment ! (ou à défaut me demander si c'était peut être là) ((suis-je claire ? ou complétement hors sujet ? ^^))
- J'ai très envie de savoir ce qu'elle risque Lucy à jouer cette partie. Sois elle risque gros ("risques trop grands pour elle") et ça éclaire son personnage d'une autre lumière sois D. est vraiment arrogant et accepte une contre partie piteuse en échange de son monde... (ce qui me parait un peu fort). Peux tu m'éclairer sur ce point ? Quels risques sont trop grands pour Lucy mais qu'elle persisterait à prendre ?
- Du côté de D. je vois bien son côté sur de lui, paternaliste, en pleine maitrise mais cette phrase "Tu as triché, tu as triché" me chiffonne. Je me retrouve soudain avec un Dieu enfant, j'imagine un gamin mauvais joueur et la cassure est trop grande pour moi... (à moins que le ton sois différent ?). Après ça quand je lis "il laissa tomber dans le trou sa dignité" pour moi il l'avais déjà laissée tombée en disant "tu as triché !".

Chipotages en tout genre :

- "C'est pour cela que Lucy était là" : pourquoi du présent ?
- "ça faisait un son de cloche", est ce pour souligner que c'est là un avis interne de la part de D. ? Je crois que ce bout de phrase ne me parle pas.. Je lui préfère "dans un son de cloche" mais du coup on perd ce côté interne de la narration...
- "Cette beauté avide [...] savourait la défaite" on parle de la défaite de la beauté ? Je me sens frustrée par cette phrase car j'ai envie de l'imaginer avec toi ! J'ai envie de voir l'ombre de la défaite sur cette beauté infernale ! Et je reste interloquée... Il y a d'autres images qui ne me parlent pas vraiment ("haine du châtiment reçu" ou "Son sourire était aussi doucereux que son regard lui cassait les dents")mais je passe au dessus, comme une image un peu floue, mais celle ci me fait un effet particulier.
- La moustache de D. Se rebique ? Lui qui est si fier qu'aucune goutte de whisky ne tache son habit blanc ? Scandale ! (ça m'amuse Razz)
- "Comme toujours D. un match un gagnant." : je ne vois pas vraiment l'utilité de cette phrase. Les autres sont si bien placées et percutantes que celle-ci semble en trop. On sent bien qu'ils économisent leurs mots tous les deux et il me semble que rien n'aurait été perdu sans cette phrase. tu vois ?

Tous ces chipotages en tout genre n'enlèvent rien à mon plaisir d'avoir lu et relu ton texte. Merci ! Quel rythme ! Quelle aisance ! Mon coup de cœur !
J'espère que tu comprendras mes remarques pour mieux y répondre Smile
Au plaisir !
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Yseult
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MessageSujet: Re: Duel au sommet    Lun 11 Sep - 13:37

Et bien tout d'abord merci, ça me fait très plaisir que mon texte t'aie autant plu (entre toi et Pumpkin ça met un peu la pression pour le prochain TuT...). D'autant que c'est encore plus flatteur de savoir que tu l'as autant aimé en connaissant la fin XD. Et c'est très mignon d'imaginer mon texte avec des petits cœurs <3 !
Ne t'en fais pas, je ne mords pas, il paraît juste que j'ai la sensibilité d'un caillou. Mais je suis un gentil caillou, et tes questions / remarques étaient intéressantes, j'ai pris plaisir à y répondre ^.^.
Sur ce, let's go !

Les personnages :

-Lucy n'est pas provocatrice, plutôt déterminée. Elle a conscience de ne pas être en position de force, et qu'il suffit que Mister D refuse pour que ça tombe à l'eau. Donc elle veut que D accepte, même si ce n'est qu'une partie.

-Alors concernant la partie en elle-même... Je ne peux rien te dire tout simplement parce que je n'en sais rien moi-même. Je n'y connais rien en jeu de carte (enfin si mais je doute qu'ils jouaient au solitaire), et je n'ai pas a moindre idée de comment ça se déroule. Pour remettre le contexte, j'étais enfermée 7h dans un train à un jour de la deadline, sans moyen de faire des recherches sur le sujet. Et je t'avoue qu'au final bah... Je trouve ça très bien comme ça, car ça laisse très libre l'imagination du lecteur tout en ayant posé l'essentiel du cadre. J'ai préféré me concentrer sur l'opposition des deux parties et le retournement de situation, car c'était pour moi le vrai cœur du texte (et du thème).

En revanche, pour ne pas te frustrer complètement, je peux au moins donner un indice à ton imagination :
« Tu as triché ! Tu as triché ! 
-Non, D. Tu as perdu. »
Lucy le dit elle-même : elle n'a pas triché ;-). Si ça t'intéresse, voici ma théorie personnelle sur comment la situation en est arrivée là. D n'a jamais connu la défaite, Lucy si. On peut même soupçonner qu'elle l'a connu plusieurs fois (« l'affection » que D a pour sa persévérance peut indiquer qu'il y a plusieurs antécédents). Et là je me base sur un constat certes cynique de la réalité : ceux qui perdent apprennent, ceux qui gagnent restent sur leurs acquis. D n'a jamais perdu, il ne l'a même jamais envisagé (ce point reviendra d'ailleurs un peu plus tard). Pour lui sa victoire est une évidence et il se contente de faire ce qu'il a toujours fait. Lucy n'est pas « parfaite » comme D, mais ce côté plus humain est également ce qui selon moi l'a enfin menée à la victoire. Elle ne se contente d'être persévérante : elle apprend de sa persévérance, de chaque défaite. Alors que D lui ne progresse pas, et sa perfection a fini par se retourner contre lui.

Comme je le dis, ce n'est qu'une théorie et j'espère voir d'autres interprétations naître. Si d'ailleurs tu as des idées à ce sujet, n'hésite pas à m'en faire part ! Ça me ferait très plaisir dans discuter :-).

-Je dirais que ce que Lucy risque, c'est d'être éternellement damnée, renvoyée à chaque fois dans les tréfonds des abîmes, revivre sans cesse la douloureuse déchéance et devoir s'en remettre, lentement, dans la rancœur. Peut-être que si elle reconnaissait seulement sa défaite, si elle acceptait la toute-puissance de D, elle pourrait revenir à ses côtés et tout redeviendrait plus simple. Mais elle refuse ça, et ça la mène à revivre la même torture encore et encore, de duel en duel. Et oui, D est vraiment arrogant, mais ça nous allons le voir tout de suite.

-Si tu as vu D comme un enfant paniqué, c'est parfait X).
Comme je l'ai dit précédemment, D n'a jamais connu la défaite. Il n'a pas songé, jusqu'à la dernière seconde, que c'était possible. De fait, il n'arrive donc pas à le concevoir même devant le fait accompli, pour lui, si parfait, si fort, si tout, il ne peut y avoir qu'une solution : Lucy a triché. Ce passage ce n'est pas juste D qui perd, c'est D qui perd pour la première fois et qui se retrouve face à la punition qu'il a lui-même crée pour quelqu'un d'autre, à des conséquences qu'il ne s'est jamais préparé à affronter. Lorsque j'ai écrit ce texte, j'ai donc tout de suite vu D comme un enfant roi qu'on a poussé de son piédestal, la dignité bien vite piétinée à la première difficulté.


Voilà pour les gros morceaux, j'espère avoir répondu à tes questions. Allons donc grignoter le chipotage maintenant… (Car je suis un caillou affamé.)

-Parce que ça rend bien et que je trouve « C'était pour cela qu'elle était là » très moche (oui j'aime faire ma diva quand j'écris).
-Oui, c'est un constat interne de D. Il met deux glaçons parce que ça fait un son de cloches. Petit rappel avec le gong un peu plus tard.
-Si tu relis le passage : qu'est-ce qui est plus grandiose encore ? Sa beauté. Pourquoi ? Parce que quand Lucy perd, il en savoure la défaite. La « beauté avide », c'est l'image de Lucy à ce moment-là, une beauté qu'il trouve encore plus superbe dans l'échec :-).
-Pour la moustache, j'ai l'image de ces beaux messieurs du XIXème (#Edmond Rostand) et leurs moustaches élégantes et fournies qui pointent vers le haut. D'où le « rebique » ;-).
Je les ai toujours trouvé amusantes parce qu'elles ont un côté bienveillant ou clownesque, comme un sourire .
-« Comme toujours, D. Un match, un gagnant. » Au contraire cette phrase est importante. « Comme toujours » = ils n'en sont pas à leur coup d'essai, cette situation a déjà eu lieu. « Un match un gagnant » = une partie en une manche, il n'y aura pas de revanche ni de belle. Une partie qu'on peut donc imaginer longue, tendue (au moins pour Lucy), parce qu'il n'y aura pas de seconde chance d'être vainqueur.

Voilà voilà. J'espère ne pas t'avoir intimidée, ce n'était pas l'objectif ^.^'. Je sais que je peux paraître bien sûre de mes positions, mais au vu de mon style (pas très évident) et de ma manière de penser (j'ai une certaine difficulté à enchaîner mes pensées correctement), je réfléchis toujours ce que j'écris, phrase par phrase (Pumpkin est témoin, je l'ai bien embêté avec ça aux ateliers). Mes textes n'ont rien de parfait, mais j'essaie de faire en sorte que rien ne soit là sans raison.
Voilà voilàààà. Une fois de plus désolée du retard, je suis un papillon pas très organisé dans son travail (oui, on peut être un papillon et un caillou).

Sur ce, tchao mes perchés o/ !


Dernière édition par Yseult le Lun 11 Sep - 15:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Duel au sommet    Lun 11 Sep - 14:59

Avertissement : j'ai écrit ce post avant de voir que Yseult avait répondu à Lauralune. Il y a donc pleins de choses dont je parle qui en fait déjà résolues : ne vous en formalisez pas ! Voilà Smile

Bon d'abord un mot sur le texte sans tenir compte des commentaires précédents :
J'adore ton style Yseult, j'aime ce que tu nous racontes et la manière dont tu le fait. ^.^
Pour ma part, à la fin du texte (première lecture) j'avais compris que c'était Dieu qui tombait du ciel, mais je n'avais pas vraiment saisi qui était Lucy. Je n'ai pas vraiment l'habitude de relire les textes alors je suis passée direct à la lecture du commentaire de Pumpkin. Comme j'ai complétement ignoré ses avertissements "Pour ce qui n'ont pas encore dénoué ce texte : retournez-y. Je vais spoiler !
C'est bon ? On est entre lecteurs de la seconde lecture ? Tout le monde a compris qui étaient les protagoniste et où se déroulait l'action ? Bon." (je suis stupide des fois ... ) eh bien c'est lui qui m'a révélé que Lucy = Lucifer.
Moi je croyais que c'était une représentante des multinationales (à cause du tailleur, des cernes, de l'ambition, du planisphère tout ça ...) genre femme d'affaire corrompue, et que ça parlait d'une critique de l'industrialisation de masse, de la mondialisation, de l'exploitation et du capitalisme x) (comme quoi on comprend que ce qu'on a envie de comprendre).
Mais si j'avais relu peut - être que j'aurais tout compris comme il fallait, nous ne le saurons jamais.

Pour faciliter mon commentaire je vais trier un peu et je vais commencer par m'appuyer sur le commentaire de Pumpkin :

Les points où je suis d'accord :
- "orgie de métaphores, de figures de styles, d'effets" là c'est difficile parce que c'est en même temps ce que je préfère dans ton écriture ultra poétique et en même temps j'avoue que ça m'a un peu perdue vers la fin du texte avec la chute.
- Son appréciation finale "Très bons dialogues et jeux d'acteurs. Décors oniriques. Intrigue bien traitée et chute efficace. Montage [un peu] saccadé nuisant [légèrement] à la compréhension."

Les points où je ne suis pas (ou moins) d'accord :
-J'aime bien le "regard cerné" et "la confiance sensuelle" je vois très bien ce que tu veux dire.
- Les mots anglais sont un plus à mon goût sur l'aspect contemporain et décalé de ton texte (même si certains m'ont un peu défrisée aussi mais ça c'est subjectif)
- l'utilisation des virgules ne m'a pas du tout gênée. Je suis très vite rentrée dans ton rythme endiablé (lol !)
- la phrase combo dont il parle me parait assez impactante et pas tellement bancale, surtout prise au milieu du reste.

Ensuite comme Lauralune, j'ai quand même le grand regret (même si je comprends pourquoi c'est le cas) que tu ne décrives pas la partie décisive : j'aurai adoré voir D. perdre peu à peu la face à mesure qu'il comprend qu'il est en mauvaise posture ou au contraire insister sur le retournement de situation final qui amène la défaite et change tout ou encore mettre plus en évidence l'éventuelle tricherie qui est évoquée, tout ça quoi Wink
Pareil pour ce qui est des risques/enjeux même si c'est une question mineure : on voit ce que Lucy gagne mais on ne sait pas vraiment ce qu'elle avait à perdre à tenter le coup.
Après par contre, je suis moins d'accord sur son avis sur la réaction de D. à la fin car moi je la trouve très juste.
C'est d'ailleurs un gros point fort du texte : la justesse et l'équilibre de tes persos à la fois pour eux-mêmes et entre eux.

Enfin je vais rajouter mon grain de sel, ma petite critique :
J'ai l'impression que tu jongles avec un point de vue interne (celui de D.) car il y a des phrases qui semblent clairement pour moi sorties de son esprit (presque comme du discours indirect libre mais en pensées)  et un point de vue plus extérieur dans d'autres phrases ou expressions. Je ne sais pas si c'est voulu, ou quel point de vue tu souhaitais privilégier toi et c'est peut-être ça qui m'a un peu perdue aussi sur les bords.

Voilà tout ! J'ai hâte de voir quel sera ton dilemme de septembre ! ;D

(Ps : Pour Pumkin : ce n'est pas la taille qui compte ;P)
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